6 Juillet 1969

6 juillet 1969 : GP de France de Formule 1 à Charade

Si comme tout le monde (voire une très grande partie de la planète) juillet 1969 vous évoque le premier pas de l’homme sur la Lune, pour ma part beaucoup plus modestement je faisais mes premiers pas dans le monde de la photo.

Passionné de courses automobiles depuis quelques années, je dévorais, découpais, collais dans un cahier à spirales des images de Sport-Auto, de l’Auto-Journal et de tout ce qui concernait la compétition auto.

> Un de mes cahiers à spirale où je rassemblais l’actualité auto, après avoir découpé minutieusement les pages de Sport-Auto, Le Figaro, France-Soir…

Mon père ingénieur et (discret) amateur de mécanique en tout genre avait pris l’heureuse initiative en ce début de grandes vacances 1969 de m’emmener à mon premier GP de formule 1 avec mon copain et voisin Bertrand Fayette, grand amateur de Scalextric et de voitures de compétition.

> GP de France à Charade, un des plus beaux circuits de l’époque avec son tracé de plus de 8 kms au milieu des volcans d’Auvergne, au dessus de Clermont-Ferrand.

Nous habitions Limoges, c’était l’été, c’était les vacances et nous n’avions pas tout à fait 12 ans !

Alors que j’accompagnai mon père parti acheter un cadeau chez “Photo Vayne” (un Polaroid Swinger 20 pour la communion solennel d’un fils d’ami), il avait décidé de m’offrir aussi un appareil photo, mon premier “boîtier”. Son choix s’est porté sur un kit (déjà) Instamatic Kodak 25 pour le somme toute ronde de 10 francs (ne cherchez pas, il n’y a pas de plus petit numéro dans cette gamme).

> Photo Vayne à Limoges, tout près de la place des Carmes. 1969-2019, rien n’a changé sauf l’appellation « Phox » sur la vitrine.

> L’instamatic 25 original… Et ses 2 réglages possibles : temps ensoleillé, temps couvert !

C’est le plus simple des Instamatic de l’époque, livré avec sa housse en skaï… et une cassette Instamatic (film) de 12 vues carrées N&B.

> Où l’on peut remarquer le magnifique étui en skaï de l’Instamatic 25, appareil que j’ai gardé tout l’été 1969 autour du cou.

Partis très tôt de Limoges avec la Citroën ID 19 familiale, nous voilà quelques heures plus tard à Charade, magnifique circuit de 8 kms serpentant au milieu des montagnes d’Auvergne.

> Billet d’entrée pour le GP de France à Charade, 20 francs soit environ 22,20 € actuel (pas cher l’entrée à l’époque !).

> Programme du GP de France 1969 à Charade.
Jackie Stewart est sur la couverture !

Nous choisissons un endroit stratégique pour suivre la course : le virage Rosier, où nous verrons bien le départ, la course et l’arrivée.

Économie de moyen, je dois économiser mes 12 vues : le départ, des photos de la course et je garde une photo pour l’arrivée (au cas où).

13 pilotes au départ, un bruit à couper le souffle.

> 14h00, départ du GP de France, 1ère photo du reste de ma vie effectuée avec mon propre boîtier !

Après 1h56mn de course Jackie Stewart et sa Matra-Ford passe la ligne d’arrivée du GP de France avec un peu d’avance sur Ickx et Beltoise qui eux se battent comme des chiens pour la deuxième place, Beltoise redoublant Ickx juste avant le dernier virage (le nôtre !).

> Mauvaise passe pour Piers Courage et sa Brabham-Ford dans le virage Rosier.

Nous voilà autour de la voiture podium, il me reste une vue, Stewart était en interview mais Jacky Ickx et Jean-Pierre Beltoise sont là, je prends la photo !

> Photo ultime de mon chargeur Instamatic 126 de 12 poses, Jean-Pierre Beltoise et Jacky Ickx. 20 ans plus tard, Jacky Ickx en regardant cette photo me dira qu’il se rappelait très bien… de l’hôtesse “Craven A” à côté de lui pour le tour d’honneur !

Bien des années plus tard, en fouillant, grâce à Fabrice Connen, dans les archives de DPPI, j’ai retrouvé une image où l’on me voit de dos en train de prendre mon ultime photo de la journée (photo que j’ai fait dédicacer, bien des années après par les deux pilotes, alors que je les photographiais dans le cadre d’un reportage sur les 24 Heures du Mans).

GP de France 1969 Charade

> À l’arrivée de la course, me voici de dos en train de déclencher ma dernière images de la journée (N°12 sur le film). Photo DPPI

> Sur cette photo de l’Agence DPPI, tout en bas à gauche mon copain Bertrand Fayette demandant un autographe à Jean-Pierre Beltoise. Photo DPPI

50 ans plus tard, en regardant les photos de DPPI… je me demande toujours comment mon père a fait pour nous récupérer ?

 

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